Cette semaine, Caixin Century se penche sur le « modèle polonais » auquel il consacre un dossier d’une quinzaine de pages, titrant « une autre Europe » 另一种欧洲. À l’heure où les Chinois, grands amateurs de foot, se passionnent pour l’Euro 2012 – que la Pologne co-organise – le magazine économique attire l’attention sur le fait que « l’Europe ce n’est pas que les PIGS 欧猪. [acronyme désignant les économies fragilisées du Portugal, de l’Italie (et de l’Irlande), de la Grèce et de l’Espagne, ndlr]». Il existe « une autre Europe » 另一种欧洲 : celle de la Pologne.
Zhang Hong, l’envoyée spéciale du journal à Varsovie écrit : « Ce championnat de football est peut être, pour les autres pays européens, une façon d’oublier leurs soucis pendant un temps, mais pour la Pologne, le seul pays de l’Union européenne qui a maintenu une croissance positive durant la crise, c’est la cerise sur le gâteau 锦上添花, une consécration 加冕礼. »
Non seulement la Pologne n’a pas connu la récession qui a touché l’ensemble des pays de la zone, mais sa croissance - estimée à 2,7 % pour l’année 2012 - est la plus haute des membres de l’Union européenne.
L’article précise que cette ancienne économie planifiée abrite aujourd’hui la plus grande place boursière d’Europe de l’Est – la bourse de Varsovie - qui, en 2011, a attiré 47 % des premières entrées en bourse de tout le continent. Pour Caixin, la Pologne gagne également en importance sur la scène politique mondiale. « [L’organisation de l’Euro 2012 – avec l’Ukraine] est le signe que la Pologne joue de plus en plus le rôle de passerelle entre Europes occidentale et orientale. »
Les cigales et la fourmi
La journaliste Zhang Hong cite Erik Berglof, économiste à la Banque européenne de reconstruction et de développement : « Sa réussite, la Pologne la doit en grande partie a ses propres efforts ». Pour l’auteur de l’article : « Grâce aux reformes, les fonds européens attribués à la Pologne ne s’en sont pas allés à vau-l’eau 付诸东流 comme en Grèce et se sont transformés en réelle productivité. La Pologne n’a pas, au contraire de ses pays voisins, laissé s’accumuler d’énormes déséquilibres internes et externes. » D’après l’analyse de Li Zengxin, un expert intervenant sur une vidéo du site Caixin, « la réussite polonaise provient de la privatisation, de la libéralisation de son économie. L’avantage de ce « traitement de choc » est qu’à présent la frontière entre marché et gouvernement est très clair ; le gouvernement n’a pas les moyens de venir s’accaparer l’espace appartenant à la libre entreprise. »